La légende du Colibri: "notre part" dans l'univers professionnel

Je vous partage ce conte qui nous incite à nous questionner sur « notre part »… notre part de responsabilité : ce que nous pouvons tous faire à notre échelle, de manière différente en donnant simplement sans condition ou avec des limites qui nous préservent. Ce conte inspire également l’intelligence relationnelle et la persévérance.

 

L'histoire en soi

Cette jolie histoire est une légende amérindienne sur un petit oiseau rare que nous retrouvons sur les îles tropicales, notre beau colibri, aux couleurs tropicales et à l’allure discrète et élégante.

« Notre histoire commence dans l’immense forêt d’Amazonie, quelque part au détour d’un fleuve.

Dans cette nature sauvage vit une foule d’animaux. Insectes, mammifères, oiseaux y rivalisent de formes et de couleurs. Confortablement installé sur une grosse branche, Jaguar observe. Avec Anaconda, l’énorme serpent, c’est le maitre des lieux. A l’aise au sol comme dans les branches, il est respecté de tous pour son habileté et son courage. Autour de lui s’activent ses compagnons de la forêt. Tamanoir cherche des fourmis pour son repas de midi alors que le joyeux Coati croise Tatou le solitaire, cuirassé comme un chevalier. En haut des branches, entre les lianes et feuillage, les oiseaux Toucan et Ara discutent, pendant que Capucin fait le singe et réveille Paresseux de sa longue sieste.

Un peu à l’écart près d’un ruisseau, il y a le Colibri. Toute la journée, suspendu dans de longs vols immobiles, il est occupé à prendre avec son long bec le nectar que lui offrent les plus belles fleurs de la forêt. Il est si petit et semble si agité que parfois les autres animaux se moquent de lui.

Dans la forêt, tout a l’air paisible. Mais dans le ciel, de gros nuages noirs arrivent de l’horizon. Poussés par le vent, ils couvrent bientôt toute la forêt. Un terrible orage se prépare. Soudain, un éclair plus gros que tous les autres s’abat sur un arbre mort. Foudroyé, coupé en deux, l’arbre prend aussitôt feu. Les flammes se multiplient, et le feu se répand aux autres arbres, puis à la forêt, provoquant un immense incendie. Tous les animaux, terrifiés, quittent la forêt et se réfugient dans une clairière au bord de l’eau. Isolés, médusés, ils observent le désastre et assistent impuissants à la disparition de leur forêt.

Tous, sauf Colibri.

Avec son bec, il prend quelques gouttes d’eau de la rivière et s’envole pour aller les verser dans les flammes. Puis il revient à la rivière, prend de l’eau et repart, encore et encore, faisant des allers retours aussi vite qu’il le peut.

Au bout d’un moment, Jaguar, agacé de le voir ainsi agiter en vain, lui dit : Colibri, tu n’es pas fou ?! Tu crois que c’est avec quelques gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ?!

Colibri suspend son vol un instant, les regarde tous et répond :

« Je sais bien que je n’y arriverai pas tout seul mais je fais ma part. ». Sans plus attendre il repart vers les flammes.

Les animaux se regardent étonnés.

C’est Toucan qui le premier dit :

« J’y vais moi aussi, j’ai un grand bec et je sais voler. »

Puis Ara s’écrie :

« Attends, je viens avec toi ! »

Finalement, prenant un peu d’eau dans leurs becs, dans leurs museaux, dans leurs pattes, tous les animaux s’élancent vers l’incendie.

L’histoire ne dit pas s’ils ont réussi. Mais depuis ce jour, quelque chose a changé et les animaux se sentent unis par une force nouvelle. Et plus aucun d’eux ne se moque de la petite taille de Colibri. »

 

 

 

 

Initialement destinée aux enfants, cette légende touche, elle touche à tout âge en s’appliquant autant aux grands feux qu’aux petits actes du quotidien.

Je vous laisse inspirer et vous laisser inspirer par ce conte.

La réflexion sur ce conte

Ce récit est une invitation, une invitation à revoir notre positionnement. Comment l’appliquer dans notre société et plus particulièrement dans l’environnement professionnel ?

 Agir sur notre part : aller au-delà des réflexes de repli

Que ce soit dans la société ou dans notre vie professionnelle, quelle est la part sur laquelle nous pouvons agir ? Nous pouvons probablement changer la situation présente et future en nous mettant en action, et en sortant de nos réflexes de protection (tels que le repli). La peur, le stress peuvent entrainer un mécanisme de fuite ou de défense.

D’ailleurs, Isaak Marks nous parle des 3F : Fight, Flight and Freeze. Il identifie ainsi trois comportements face à un niveau d’alerte de peur : le retrait (éviter le danger ou fuir), l’agression défensive (se montrer dangereux), la soumission (s’immobiliser). Lorsque la menace persiste, nous pouvons déployer des solutions d’adaptation qui nous permettent de résister. Mais jusqu’à quel point pouvons-nous nous adapter ? L’épuisement exprimé par une dépression, un burn out peuvent être des symptômes de cette adaptation. Il s’agira alors d’agir sur notre part pour se protéger et se recentrer.  

 

Agir chacun sur une part : les prémices d’un management d’équipe

Ce récit est également un bel écho au travail en équipe où chacun peut faire sa part pour contribuer à l’intérêt commun.

Pouvons-nous également distinguer en Colibri la compétence de leadership ? Un leader capable d’entrainer par l’exemplarité, de mobiliser, en contribuant par lui-même à l’activité. Un leader, appréhendant les risques, qui serait capable également d’entreprendre en mobilisant ainsi son équipe par une énergie positive.

Au-delà des leaders désignés qui s’imposent par leur force ou par leur domination, ce leader s’impose par son intelligence relationnelle. Sans critique, sans réprimande, il démontre par l’exemple. Cela conforte la théorie Y de Douglas Mac Gregor qui nous parle d’un management participatif. Dans l’idée que dans une organisation où les principes sont la confiance et l’autocontrôle, par une liberté individuelle, les membres de l’équipe prennent des initiatives et s’impliquent dans le travail collectif. Reste tout de même à s’assurer de la performance de leur méthode (car les provisions d’eau parvenues à l’incendie seront-ils suffisants ?)

 

 

Faire sa part en utilisant son talent

Il est intéressant de voir aussi s’exprimer ce que l’on appelle le talent : chacun a des ressources propres même si celles-ci peuvent paraitre insignifiantes pour l’autre. Aussi, nous voyons dans la légende du Colibri comment le talent peut être révélé par certaines situations. Il est question donc du potentiel de chacun qui peut se réveiller dans un environnement, notamment un environnement professionnel qui correspond à la personne.

En observant l’air convaincu de Colibri, on prend conscience comme le disait Gustave Flaubert, que  

« Pour avoir du talent, il faut être convaincu qu'on en possède. »

Et nous pouvons en douter dans les périodes de stress, de changement...

Aussi, qu’est-ce qu’un talent ? C’est une facilité. Pour chacun de nous, des activités nous paraissent simples dans leur réalisation. Elles sont une évidence. Nous sommes simplement doués pour cela, tellement doués qu’il nous est même difficile de concevoir que, pour l’autre cela puisse être une épreuve. Puis, nous sommes formés par les expériences, les situations vécues, les formations… Ces apprentissages nous font monter en compétence sur cette activité. Et pourquoi pas l’élever au rang de l’expertise ?

Et vous ? Quel est votre talent ? Comment pourriez-vous l’exprimer ?

 

 

Cette histoire m’a inspirée par sa simplicité, sa teinture amérindienne, sa démonstration sur notre part, nos talents…

Et vous, comment vous inspire-t-elle ?

N’hésitez pas à me laisser des commentaires ci-dessous et à me partager votre réflexion sur le sujet.

Denis Korann, La légende du colibri, Encore une fois..., 2016

Isaac Marks, Fears, phobias and rituals : Panic, anxiety, their disorders, Oxford university press, 1987

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